Une synthèse du rapport sur les personnels de documentation de la filière ITRF-BAP F-Famille A

19 novembre 2009

Tout récemment a été rédigé un rapport officiel relatif aux personnels de documentation de la filière ITRF-BAP F-Famille A dans les établissements d’enseignement supérieur, rapport préparé par Catherine Gaillard, Inspectrice générale des bibliothèques, pour le compte du Ministère de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche.

Ce rapport est basé sur les résultats d’une enquête menée d’octobre 2008 à mai 2009 auprès de 103 établissements d’enseignement supérieur. Il s’agit de comparer les personnels ITRF (pour Ingénieurs et Personnels techniques de Recherche et de Formation) appartenant à la famille A (Information scientifique et technique, collections patrimoniales) de la Branche d’Activités Professionnelles (BAP) F (Information) à la filière Bibliothèques de la fonction publique de l’État.

La BAP F – Information – regroupe les domaines de compétence liés aux activités relatives à la documentation, la communication, l’édition et les technologies de l’information et de la documentation pour l’éducation (TICE).

Au sein de cette BAP F, la Famille A réunit les professionnels de la documentation et de bibliothèques, des archives et des musées d’information scientifique et technique, soit 612 agents (1,28 % des agents de la filière ITRF).

Les affectations varient entre les SCD (30 %), les UFR (22 %) puis les IUT, les SCUIO, les IUFM et les IUT.

10 % des personnels ITRF sont affectés dans les bibliothèques associées des SCD.

Il existe un processus d’intégration des personnels de la famille A, suite à l’application du décret du 4 juin 1985, dans les SCD. Si ce processus se poursuit ce pourrait être plus de 40 % des agents de la famille A qui seraient amenés à exercer leurs fonctions dans les SCD, proportion qui pourrait atteindre 63 % dans un avenir plus ou moins proche. On assiste donc à un développement notable de la filière documentaire ITRF.

Cepedant, selon le rapport, « une éventuelle intégration d’une filière dans l’autre est à déconseiller ». On préconise en revanche un rapprochement entre les deux filières. Toutefois, « les établissements doivent continuer à privilégier les personnels de la filière Bibliothèques ayant suivi une formation post-recrutement de haut niveau ». Le recrutement sur profils propres à la filière ITRF doit simplement permettre de répondre rapidement aux besoins de profils particuliers. 

La place des bibliothèques dans le projet de loi de finances pour 2010

29 octobre 2009

Le projet de loi de finances pour 2010 vient d’être publié. Il prévoit, en ce qui concerne les bibliothèques, une part de 2,9% des crédits alloués aux formations supérieures et à la recherche universitaire, soit 364 697 395 Euros. Il rappelle, en outre, que « le développement des ressources documentaires et de leur accessibilité dans de bonnes conditions correspond à des enjeux à la fois pédagogiques et scientifiques » (cf. p. 40). Ainsi, « la mise en oeuvre d’une pédagogie de plus en plus fondée sur le travail personnel de l’étudiant » et les activités de recherche exigent de hautes performances de la part des bibliothèques universitaires. Ces dernières doivent conduire une politique documentaire cohérente avec la « stratégie globale de l’établissement » dont elles dépendent. Cet établissement doit donc mobiliser « les moyens nécessaires tant en crédits qu’en équipements » (cf. p. 40), d’autant plus que « l’émergence très forte depuis 1997 de la documentation numérique (bases de données et revues électroniques) » a pour conséquence une augmentation importante des coûts. A terme, la documentation doit devenir un « élément majeur d’attractivité dans l’espace européen de l’enseignement supérieur » (cf. p. 54).

Les conséquences de cette analyse sont les suivantes.

Tout d’abord, on préconise un « renforcement de l’analyse de la demande afin de définir l’offre documentaire au plus près des besoins des usagers ».

Ensuite, on appelle à une « amélioration des services grâce en particulier à la généralisation de l’accès direct ou à distance aux ressources, à l’élargissement des horaires d’ouverture ». Pour ce faire, on ouvrira premièrement de nouvelles surfaces parallèlement à une augmentation continue des places assises. Deuxièmement, l’horaire moyen d’ouverture sera porté de 57h hebdomadaires à 58h30 et « les périodes annuelles d’ouverture seront étendues en préservant la qualité des services offerts aux usagers » (cf. p. 54).

Dans un troisième temps, on invite à un « développement des ressources dans le cadre d’une organisation cohérente par l’intégration des bibliothèques de composantes dans le service de documentation et par l’élaboration de plans de développement des collections ».

Dans un quatrième temps, on décide de favoriser « la mise en oeuvre de systèmes d’information documentaire, donnant accès à l’ensemble des ressources électroniques disponibles ».

Enfin, on déclare vouloir une « structuration du réseau national autour de bibliothèques de référence et de recours ainsi que d’outils collectifs favorisant notamment les achats groupés, le signalement et l’accès direct aux documents, ainsi que la conservation et l’archivage ».

Dans le même document, on mesure la disponibilité hebdomadaire des places de bibliothèques par usager à 4h51/semaine en 2008, disponibilité que l’on souhaite faire passer à 5h00/semaine en 2012.

Pour plus de précisions, voir :

 http://www.performance-publique.gouv.fr/farandole/2010/pap/pdf/PAP2010_BG_Recherche_enseignement_superieur.pdf

 

Selon deux éditeurs indépendants, le livre est désormais « sommé de rentrer dans l’ordre numérique »

29 octobre 2009

Cédric Biagini et Guillaume Carnino, tous deux responsables des éditions L’Echappée, viennent de publier un article dans les colonnes du Monde diplomatique intitulé « Le livre dans le tourbillon numérique ». Ils y font remarquer, tout d’abord, que nous assistons à une massive « numérisation de tous les savoirs de l’humanité » qui s’accompagne d’un développement des livres électroniques. Les responsables de cet état de fait sont principalement des entreprises privées, notamment Google et Amazon. En effet, la culture est devenue un enjeu économique de taille. Et même les ennemis d’hier du « tout numérique » commencent à rejoindre le mouvement par peur de disparaître.

Or, l’avènement des nouvelles technologies aura, selon les auteurs, pour conséquence première de détruire la chaîne du livre telle qu’elle existait auparavant, notamment en faisant disparaître les libraires et en affaiblissant le rôle des bibliothèques. De même, la fonction même d’éditeur « deviendra superflue ». La dématérialisation de l’écrit induite par la numérisation aura des conséquences comparables à l’invention de l’imprimerie, à savoir une lente dissolution de la matérialité du livre et une disparition de la lecture silencieuse et concentrée au profit d’une lecture distraite. Le livre risque-t-il alors de perdre son rôle de lieu de résistance au culte de la vitesse et de formation de l’esprit critique et démocratique? 

Le président de la BnF et le directeur de la bibliothèque de Harvard favorables à une alliance pour peser sur Google

15 octobre 2009

Robert Darnton et Bruno Racine, respectivement directeur de la bibliothèque de Harvard et président de la BnF, viennent d’accorder un entretien croisé au quotidien Libération, dans lequel ils expriment leurs points de vue à propos de la politique de numérisation entreprise par le géant américain de l’internet, Google. Ce dernier a mis en ligne, en cinq ans, 10 millions d’ouvrages grâce à un partenariat avec 29 bibliothèques et grâce à des accords avec un certain nombre d’éditeurs. Toutefois, sa présence dans le monde des livres est ressentie par beaucoup comme écrasante, à tel point que Google est en procès aux États-Unis et en France pour abus de position dominante et pour n’avoir pas respecté le droit d’auteur [voir à ce sujet notre article relatif au non-respect du droit d'auteur par Google].

Robert Darnton, tout d’abord, regrette que Google risque de détenir un monopole dangereux en matière de numérisation, car cela supposerait une fixation unilatérale des tarifs. Bruno Racine abonde dans ce sens et regrette l’absence de concurrence imposée par la position dominante de Google. Par la suite, M. Darnton explique qu’il est par conséquent nécessaire de passer des accords solides entre les bibliothèques et Google, ce afin de préciser les droits et obligations de chacune des parties concernées et afin d’éviter que l’individu ne soit « dominé par l’information ». Bruno Racine ajoute qu’il est nécessaire de passer par la loi en cette matière. Il évoque ensuite les négociations entre Google et la BnF, où il était question que les livres numérisés par le premier soient également disponibles sur Gallica, la bibliothèque numérique de la Bibliothèque Nationale de France.

L’entretien croisé s’achève par un appel à une concertation entre les bibliothèques, « institutions non commerciales désireuses de partager le savoir », ce afin de démocratiser la numérisation et de déjouer sa transformation en entreprise purement commerciale.

On retrouvera cet entretien à l’adresse suivante :

http://www.liberation.fr/culture/0101596907-il-faut-s-allier-pour-peser-sur-google

Un site utile pour vos recherches

9 octobre 2009

Voici l’adresse électronique d’un site très utile pour effectuer des recherches dans votre travail en bibliothèque, un site collaboratif (un wiki) qui recense l’essentiel des blogs, wiki et sites internet relatifs à la bibliothéconomie et à la vie des bibliothèques :

http://www.bibliopedia.fr

Bonnes recherches…

Google en procès en France pour ne pas avoir respecté le droit d’auteur

28 septembre 2009

Le géant américain de l’internet Google a été traîné devant les tribunaux par plusieurs éditeurs français. Ces derniers se sont en effet rendu compte que Google avait numérisé et mis en ligne (sur son site Google Books) plusieurs ouvrages publiés par eux et épuisés, mais néanmoins couverts par le droit d’auteur. C’est un nouvel épisode de la bataille juridique menée par Google et les éditeurs américains et européens depuis que la firme américaine a mis en place son site de consultation gratuite de livres. Aux États-Unis, Google a tenté de résoudre le problème en débloquant 125 millions de dollars pour les auteurs et éditeurs concernés par sa politique de numérisation. Toutefois, le gouvernement américain remet apparemment en cause cet accord. En France, les éditions du Seuil réclament 15 millions d’Euros à Google pour le préjudice subi.

A lire pour en savoir plus :

http://www.lemonde.fr/technologies/article/2009/09/25/le-seuil-demande-15-millions-d-euros-a-google_1245162_651865.html#ens_id=1229431

http://www.livreshebdo.fr/edition/actualites/proces-google–la-martiniere-le-seuil-demande-15-millions-d-euros-de-dommages-interets/3494.aspx

http://books.google.fr/

Les sources de « Revue de presse BUL »

18 septembre 2009

Nous utiliserons désormais des sources ciblées dans l’optique d’une veille documentaire relative à la vie des bibliothèques.

Ces sources comprendront trois quotidiens :

Le Monde (http://www.lemonde.fr)

Le Figaro (http://www.lefigaro.fr)

Libération (http://www.liberation.fr)

Et deux revues :

Bulletin des Bibliothèques de France (http://bbf.enssib.fr)

Livres Hebdo (http://www.livreshebdo.fr)

La commission européenne s’interroge sur le droit d’auteur

18 septembre 2009

Un article récent d’un conservateur de la BnF rend compte des interrogations de la Commission européenne à propos du droit d’auteur. En effet, en juillet 2008, elle a publié un Livre vert intitulé « Le droit d’auteur dans l’économie de la connaissance ». Ce dernier pourrait être à l’origine de modifications de la législation communautaire et de la législation française (cette dernière étant explicitée par une loi de 2006, dite loi Dadvsi, loi qui a été souvent remise en cause du fait de ses approximations).

Pour l’auteur de l’article, Lionel Maurel, le contenu de ce livre vert pourrait constituer une opportunité pour les bibliothèques.

Le Livre vert stipule tout d’abord (en référence à l’action de Google en la matière) que le scannage des livres « nécessite l’autorisation préalable des titulaires de droits ». Toutefois, Lionel Maurel montre que la réaction de la Commission au projet de bibliothèque numérique de Google risque de ne pas atteindre son but, en raison du décalage entre la législation européenne et la législation américaine, plus souple en matière de défense du droit d’auteur.

Le Livre vert indique ensuite que, en matière de droit d’auteur, il convient désormais de se situer dans une « économie de l’information » au sein de laquelle connaissance et éducation peuvent être considérés comme des « biens marchands ». Plus loin, on met en avant la nécessité de « favoriser une libre circulation de la connaissance et de l’innovation au sein du marché intérieur ». Encore plus loin, on fait remarquer qu’un « niveau élevé de protection du droit d’auteur est essentiel à la création intellectuelle ».  

En ce qui concerne les bibliothèques, le Livre vert recommande de leur permettre de diffuser des contenus protégés à distance par le biais d’intranet sécurisés. Il préconise également des arrangements contractuels entre bibliothèques et auteurs et éditeurs (qui assoupliraient les exceptions à la loi en vigueur actuellement).

L’auteur souligne enfin que la législation pourrait ne pas changer avant plusieurs années et que les réactions à la parution du Livre vert ont été plutôt négatives, notamment en France.

Bibliographie :

Lionel Maurel, « ‘Le droit d’auteur dans l’économie de la connaissance’. Le nouveau Livre vert de la Commission européenne, une opportunité pour les bibliothèques? », BBF, t. 54, n°1, p. 6-12 ; article en ligne sur http://bbf.enssib.fr/consulter/bbf-2009-01-0006-001

Bibliographie rapide relative à la biblioblogosphère

17 septembre 2009

Outre l’article cité dans notre dernier commentaire posté sur ce blog (publié aux pages 23 à 26 du n°4 de 2009 du BBF), voir aussi :

Marlène Delhaye, Nicolas Morin, « Un panorama de la biblioblogosphère francophone à la fin de 2006″, BBF, 2007, n°3, p. 88-94

 Pour toute information relative à une analyse « pointue » de la vie des bibliothèques, voir :

http://bbf.enssib.fr

LES BLOGS SUR L’ENVIRONNEMENT PROFESSIONNEL DES BIBLIOTHEQUES SE MULTIPLIENT

17 septembre 2009

Un article tout récent du BBF (Daniel Bourrion, « Du monologue au débat professionnel. Mon blog, mon boulot, mon nombril », Bulletin des Bibliothèques de France, 2009, t. 54, n°4 ; dossier : « Environnement professionnel ») écrit par un conservateur d’Angers, met en évidence la présence de plus en plus forte de l’environnement professionnel des bibliothèques dans la « blogosphère ». L’auteur est lui-même le père d’un blog relatif à cette question, « De tout sur rien » (http://detoutsurrien.wordpress.com) où ne cessent de se confronter les idées concernant la vie des bibliothèques et, notamment, la vie professionnelle des bibliothécaires. A lire!

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